
Rosa Nera (la Rose noire) est le nom que la plupart des habitants de La Canée donnent à l’ancien grand quartier général militaire au sommet de Kastelli, la colline au-dessus du port vénitien où la ville est née. On le décrit souvent comme une caserne vénitienne, mais le bâtiment date des environs de 1870, sous la domination ottomane, et fut d’abord un tribunal. Depuis 2004, il est surtout connu comme centre social anarchiste, et il a été pendant des années au cœur d’un conflit sur un projet de transformation en hôtel.
Rosa Nera en bref
- Où : au sommet de la colline de Kastelli, dans la vieille ville de La Canée, au-dessus du côté est du port vénitien.
- Construit : vers 1870, comme tribunal, selon l’école d’architecture de l’Université technique de Crète.
- Ce qu’il est aujourd’hui : un bâtiment appartenant à l’Université technique de Crète, appelé localement la Division (Merarchia) en souvenir de ses années militaires, que l’on regarde depuis la rue plutôt qu’on ne le visite.
- Temps nécessaire : 10 à 15 minutes pour le bâtiment, une heure si vous explorez le reste de la colline.
Du tribunal à la Rosa Nera
Kastelli est la partie la plus ancienne de La Canée : la ville minoenne de Kydonia se trouvait ici, et les Byzantins puis les Vénitiens bâtirent leur ville fortifiée sur la colline. Le bâtiment appelé aujourd’hui Rosa Nera est bien plus récent. Il fut construit vers 1870 comme tribunal, quand la Crète faisait encore partie de l’Empire ottoman. Après l’incendie du siège voisin du gouverneur ottoman en 1897, il devint le siège du gouvernement de l’État crétois autonome et de son haut-commissaire, le prince Georges de Grèce. Après le rattachement de la Crète à la Grèce en 1913, il abrita la 5e division de l’armée grecque, d’où son surnom, et pendant l’occupation allemande de la Seconde Guerre mondiale, il servit de Kommandantur.
En 1985, l’Université technique de Crète reprit le bâtiment, avec l’ancienne caserne et la prison voisines. En 2004, un collectif occupa le bâtiment vide, le baptisa Rosa Nera et en fit un centre social autogéré, avec concerts, débats et ateliers. En 2017, l’université loua l’ensemble à une société privée pour le transformer en hôtel ; le projet se heurta à une forte opposition du conseil municipal, des architectes et des habitants, et resta bloqué au ministère de la Culture. Les occupants furent expulsés en 2020, puis de nouveau en avril 2024, et revinrent les deux fois. En 2026, l’université a décidé de ne pas renouveler le bail et a annoncé qu’elle utiliserait les bâtiments pour son propre enseignement et sa recherche.
À voir sur place
- Le bâtiment lui-même : une longue construction du XIXe siècle sur la crête de la colline, la plus grande des trois anciennes bâtisses militaires appartenant à l’université.
- L’ancienne caserne et la prison voisines : les deux autres bâtiments de l’ensemble, qui partagent le même passé militaire.
- Banderoles et graffitis sur les murs : traces de l’occupation et de la longue campagne contre le projet d’hôtel. Ce que vous verrez change d’une année à l’autre.
- Les fouilles clôturées de Kastelli : les fouilles sur la colline ont mis au jour des vestiges de la Kydonia minoenne, qui s’étend sous les rues autour de vous.
- La vue : depuis les bords de Kastelli, on domine le port, le phare et les coupoles de l’ancienne mosquée du front de mer.
Pourquoi le nom Rosa Nera ?
Rosa Nera signifie « rose noire » en italien, un symbole utilisé par les mouvements anarchistes. Le collectif a choisi ce nom en occupant le bâtiment en 2004, et il est resté : beaucoup d’habitants de La Canée appellent désormais le bâtiment Rosa Nera, quoi qu’il s’y passe. Parler de caserne vénitienne, comme le font certains guides, revient à le confondre avec le passé vénitien de la colline qui l’entoure.
Conseils pour votre visite
- Considérez-le comme un bâtiment à regarder de l’extérieur. Son usage a changé plusieurs fois ces dernières années, et ce n’est ni un musée ni un monument ouvert au public.
- Restez respectueux si un événement a lieu ou si des banderoles sont accrochées : c’est un sujet politique brûlant à La Canée, pas un décor pour photos.
- Montez depuis le port par la rue Kanevaro, l’ancienne rue principale de Kastelli, et redescendez par les ruelles vers le port est pour les vues.
À proximité
- Le port vénitien et le phare : le front de mer au pied de Kastelli, avec la longue jetée jusqu’au phare, superbe au coucher du soleil.
- La mosquée Küçük Hasan : la mosquée ottomane du XVIIe siècle sur le port, avec ses coupoles basses, aujourd’hui utilisée pour des expositions.
- Le Grand Arsenal : l’un des chantiers navals vénitiens du port est, restauré pour accueillir le Centre d’architecture méditerranéenne.
- Agios Nikolaos à Splantzia : une église qui fut une mosquée, avec à la fois un minaret et un clocher, un peu plus à l’est.
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Faits vérifiés en octobre 2026.
