
Le pont de pierre est le plus ancien pont sur la Garonne à Bordeaux : une longue ligne basse de 17 arches en pierre et en brique qui relie le centre historique au quartier de La Bastide, sur la rive droite. Napoléon l’a voulu, Louis XVIII l’a achevé en 1822, et pendant près de 40 ans il a été le seul moyen de traverser le fleuve ici sans bateau.
Le pont de pierre en bref
- Où : entre la place Bir-Hakeim et la porte de Bourgogne, sur la rive gauche, et la place Stalingrad, à La Bastide, sur la rive droite.
- Construction : commencé en 1810, bâti pour l’essentiel à partir de 1819 et ouvert en 1822 ; inscrit monument historique en 2002.
- Par : les ingénieurs Claude Deschamps et Jean-Baptiste Billaudel.
- Aujourd’hui : un pont de 487 mètres réservé au tramway, aux vélos et aux piétons (et, hors périodes de travaux, aux bus et aux taxis) ; les voitures en sont exclues depuis la fin des années 2010.
- Temps à prévoir : 20 à 30 minutes pour l’aller-retour à pied, davantage si vous profitez de la vue depuis les quais.
Un pont que l’on croyait impossible
Pendant des siècles, la Garonne a coupé Bordeaux de la rive droite : le fleuve est large, le courant puissant et la marée fait monter et baisser l’eau d’environ six mètres à cet endroit. On traversait en bac. Des projets de pont dessinés dans les années 1770 furent abandonnés, et il fallut Napoléon, pressé de faire passer ses troupes vers l’Espagne, pour ordonner l’ouvrage. Les travaux commencèrent en 1810, mais l’argent manqua et le pont ne fut achevé que sous Louis XVIII, entre 1819 et 1822. Quelque 4 000 ouvriers y travaillèrent, et une cloche à plongeur empruntée aux Britanniques aida à fonder les piles dans le lit du fleuve.
Une partie du coût fut financée par une compagnie créée par le négociant Pierre Balguerie-Stuttenberg, qui percevait en échange un péage. Lorsque la ville racheta ce péage en 1863, elle obtint d’annexer La Bastide, rattachée à Bordeaux le 1er janvier 1865. Le pont fut élargi de 14,6 à 19 mètres en 1954 et resta le seul pont routier de la ville jusqu’à l’ouverture du pont Saint-Jean en 1965.
À voir sur place
- Les 17 arches posées sur 16 piles, un rythme qui se lit mieux depuis les quais que depuis le pont lui-même.
- Les matériaux : malgré son nom, le pont de pierre est construit en pierre claire et en brique rouge, d’où son aspect bicolore et chaleureux.
- Les médaillons blancs sur les piles, prévus pour recevoir le chiffre de Louis XVIII, le roi sous lequel le pont fut achevé.
- La marée : selon l’heure, l’eau file vers l’amont ou vers l’aval sous les arches ; la Garonne est encore soumise à la marée ici.
- La vue depuis le milieu : en aval, les façades du port de la Lune et la place de la Bourse ; en amont, le pont Saint-Jean.
La légende de Napoléon Bonaparte
Une histoire très répandue veut que le pont compte 17 arches parce que Napoléon Bonaparte s’écrit avec 17 lettres. C’est une légende : le projet prévoyait à l’origine 19 arches, et deux furent supprimées en 1819 pour des raisons budgétaires et techniques, quand Napoléon n’était plus au pouvoir depuis longtemps. L’anecdote a pourtant survécu, et on vous la racontera lors de presque toutes les visites guidées.
Conseils pour votre visite
- Traversez au coucher du soleil, ou à la nuit tombée, quand les arches sont éclairées et se reflètent dans le fleuve.
- Pour voir le pont de profil, longez un peu les quais de la rive droite près de la place Stalingrad et retournez-vous vers la ville.
- Attention aux vélos et au tram : le pont est un grand axe pour les cyclistes, restez du côté réservé aux piétons.
- Une longue restauration a commencé en 2025 et doit durer plusieurs années ; certaines parties peuvent être rétrécies et le tram parfois interrompu, renseignez-vous avant de venir.
À proximité
- La porte de Bourgogne : la porte triomphale du XVIIIe siècle, au bout du pont côté rive gauche, autrefois l’entrée de la ville pour qui venait de Paris.
- La basilique Saint-Michel et sa flèche : une église gothique au clocher séparé, à quelques minutes à pied en amont.
- La place de la Bourse et le Miroir d’eau : la place classique au bord du fleuve et son miroir d’eau, une belle promenade en aval par les quais.
- Le Lion bleu de la place Stalingrad : une grande sculpture de lion bleu de Xavier Veilhan, juste au bout du pont côté rive droite.
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Faits vérifiés en octobre 2026.
