
Trois églises de notre parcours à Montréal racontent trois chapitres de l’histoire catholique de la ville : la basilique Notre-Dame, sur la place d’Armes, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, près de l’ancien port, et la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, au centre-ville. La première occupe un lieu lié aux premières années de la colonie, la deuxième montre l’assurance du Montréal du XIXe siècle, et la troisième est née de l’idée audacieuse d’un évêque : offrir à la ville une copie réduite de Saint-Pierre de Rome.
La basilique Notre-Dame
La basilique Notre-Dame fait face à la place d’Armes, dans le Vieux-Montréal. La première pierre de l’église actuelle a été posée en 1824, sur des plans néogothiques de James O’Donnell, un architecte anglican de New York. O’Donnell s’est converti au catholicisme sur son lit de mort et il est la seule personne inhumée dans la crypte. Le pape Jean-Paul II a élevé l’église au rang de basilique mineure en 1982, et elle est lieu historique national du Canada depuis 1989.
L’intérieur que la plupart des visiteurs viennent voir est plus tardif : Victor Bourgeau l’a décoré entre 1872 et 1879. Les voûtes sont peintes d’un bleu profond semé d’étoiles dorées, et les vitraux représentent des scènes de l’histoire religieuse de Montréal plutôt que les habituels épisodes bibliques. L’orgue Casavant Frères, achevé en 1891, compte quatre claviers, 99 jeux et environ 7 000 tuyaux. La basilique a accueilli de grands événements, du mariage de Céline Dion et René Angélil en 1994 aux funérailles d’État du joueur de hockey Maurice Richard et du premier ministre Pierre Trudeau en 2000, puis de Brian Mulroney en 2024.
- La voûte bleu profond semée d’étoiles dorées au-dessus de la nef.
- Les vitraux illustrant des scènes de l’histoire de Montréal.
- La chapelle du Sacré-Cœur, détruite par un incendie criminel en 1978 et reconstruite avec un grand retable en bronze de Charles Daudelin.
- Les deux tours sur la place d’Armes : la tour ouest abrite le gros bourdon Jean-Baptiste, coulé en 1848 et pesant près de 11 tonnes, et la tour est un carillon de dix cloches.
La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours
La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, rue Saint-Paul Est, occupe l’un des plus anciens sites religieux de Montréal. En 1655, Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, a mobilisé les colons pour bâtir ici une chapelle, et une église de pierre a été achevée en 1678. Elle a brûlé en 1754, et l’église actuelle a été construite en 1771 sur les ruines de la chapelle précédente.
Comme elle se trouvait près du port, les marins qui arrivaient à Montréal venaient y faire des offrandes à la Vierge pour une traversée sans danger, et elle est devenue la chapelle des marins. En 1849, Mgr Ignace Bourget a offert à la chapelle une statue de la Vierge Étoile de la Mer, placée au sommet de l’église, tournée vers le port. Les restes de Marguerite Bourgeoys ont été ramenés dans la chapelle en 2005 et reposent aujourd’hui dans le sanctuaire.
- La statue de la Vierge, Étoile de la Mer, tout en haut du toit, face au fleuve.
- Le musée Marguerite-Bourgeoys, consacré à sa vie et aux débuts de Montréal et du site.
- La crypte, où l’on peut voir des fouilles archéologiques, et la tour, où l’on monte pour la vue sur le Vieux-Port et le fleuve Saint-Laurent.
La cathédrale Marie-Reine-du-Monde
La cathédrale Marie-Reine-du-Monde se dresse sur le boulevard René-Lévesque, à l’angle de la rue Metcalfe, à côté de la place du Canada. C’est la cathédrale catholique de Montréal et une copie à échelle réduite de la basilique Saint-Pierre de Rome. Mgr Ignace Bourget, deuxième évêque de Montréal, l’a commandée après l’incendie de l’ancienne cathédrale Saint-Jacques en 1852. Les travaux ont commencé en 1875 et l’église a été consacrée en 1894 sous le nom de cathédrale Saint-Jacques. Elle est devenue basilique mineure en 1919, et en 1955 le pape Pie XII l’a dédiée à Marie, Reine du monde.
Le choix du lieu et du style était une prise de position. Bourget a bâti dans l’ouest du centre-ville, alors majoritairement anglophone, loin de nombreux fidèles canadiens-français, et a choisi l’architecture de Rome plutôt que le néogothique cher aux sulpiciens et aux anglicans. Son premier architecte, Victor Bourgeau, a refusé le projet en affirmant qu’on ne pouvait pas reproduire Saint-Pierre à plus petite échelle ; un aumônier, l’abbé Joseph Michaud, a donc été envoyé à Rome pour étudier la basilique et en réaliser secrètement une maquette.
- Les 13 statues alignées sur le toit, patrons des paroisses de Montréal qui ont financé la cathédrale, sculptées par Olindo Gratton entre 1892 et 1898 sur le modèle des apôtres de Saint-Pierre.
- Le baldaquin au-dessus de l’autel, copie de celui du Bernin à Saint-Pierre, réalisé à Rome en 1900 par Joseph-Arthur Vincent.
- La vue sur la façade et le dôme depuis la place du Canada, juste à côté.
Conseils pour visiter les trois églises
- Toutes trois sont des églises en activité : portez une tenue correcte, parlez à voix basse et attendez-vous à ce que les visites soient suspendues pendant les offices, mariages et funérailles.
- La basilique Notre-Dame attire beaucoup de monde ; venez tôt dans la journée pour profiter de l’intérieur plus au calme.
- La chapelle de Bon-Secours se trouve à l’extrémité est de la rue Saint-Paul, à côté du marché Bonsecours : elle s’intègre bien à une promenade au Vieux-Port.
- La cathédrale est au centre-ville, à quelques minutes de la station de métro Bonaventure et de la gare Centrale, ce qui en fait un premier arrêt pratique.
Comment les voir en une seule promenade
Commencez au centre-ville par la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, premier arrêt de notre chasse au trésor, et jetez un œil à la place voisine. Descendez vers le sud par le square Victoria jusqu’au Vieux-Montréal, puis jusqu’à la place d’Armes pour la basilique Notre-Dame. De là, suivez la rue Notre-Dame vers l’est en passant devant l’hôtel de ville, puis descendez rue Saint-Paul jusqu’à la chapelle de Bon-Secours, près du Vieux-Port, où vous pourrez finir par une balade au bord du fleuve.
Découvrir Montréal avec World City Trail
Notre chasse au trésor de Montréal transforme la ville en un jeu auquel vous jouez sur votre téléphone. Le parcours relie 10 arrêts, de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde à la tour de l’Horloge, et les trois églises de ce guide en font partie, tout comme la place du Canada, le square Victoria, le MEM, Pointe-à-Callière, l’hôtel de ville, La Grande Roue et la tour de l’Horloge. À chaque arrêt, vous résolvez une énigme et découvrez une histoire, à votre rythme.
Pour ceux qui préfèrent un autre format, il existe aussi à Montréal une visite à pied en autonomie et un escape game en plein air.
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Faits vérifiés en octobre 2026.
