
Le Circ Romà est le cirque romain de Tarraco, la piste de courses de chars qui longeait la ville haute de Tarragone, juste au-dessus de la Rambla Vella. Il accueillait environ 30 000 spectateurs, et une part étonnante en subsiste : la ville s’est construite par-dessus, si bien que ses voûtes de pierre abritent aujourd’hui des boutiques, des restaurants et même une agence bancaire.
Le cirque romain en bref
- Où : dans la Part Alta, la vieille ville de Tarragone, entre la Rambla Vella et la Plaça del Rei. L’entrée des visiteurs se trouve sur la Rambla Vella.
- Construit : à la fin du Ier siècle apr. J.-C., probablement sous l’empereur Domitien ; on y a couru jusqu’au Ve siècle.
- Ce que c’est aujourd’hui : une partie de l’Ensemble archéologique de Tarraco, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000, qui se visite avec la tour du Prétoire comme site du Musée d’histoire de Tarragone (MHT).
- Temps nécessaire : 45 minutes à une heure pour les voûtes du cirque et le Prétoire, montée sur le toit comprise.
Des courses de chars au château royal et à la prison
Tarraco était la capitale de la vaste province romaine d’Hispanie citérieure. Dans la seconde moitié du Ier siècle apr. J.-C., sa ville haute fut transformée en un immense ensemble en terrasses pour le conseil provincial : une enceinte sacrée au sommet, une vaste place (le forum provincial) en dessous et le cirque tout en bas. Fait rare, le cirque se trouvait à l’intérieur des remparts, entre le forum et la Via Augusta. Il mesurait environ 325 mètres sur 115, et les courses opposaient des chars à quatre chevaux (quadriges) qui faisaient sept tours autour d’une barrière centrale, la spina. Les accidents étaient fréquents.
Après la fin des courses au Ve siècle, le cirque fut abandonné et, au fil des siècles, des maisons furent bâties dans ses gradins et par-dessus. C’est ce qui l’a sauvé : les voûtes en berceau qui portaient les sièges sont devenues caves, ateliers puis boutiques, et l’essentiel de l’édifice reste caché sous des immeubles, dont beaucoup datent du XIXe siècle. La tour romaine à son angle, le Prétoire (Pretori), devint au XIIe siècle un palais des rois de la Couronne d’Aragon, le Castell del Rei. Elle servit ensuite de caserne, fut gravement endommagée lors du retrait des troupes françaises en 1813, puis, reconstruite, devint la prison provinciale.
À voir sur place
- Les couloirs voûtés : parcourez les longues voûtes en berceau qui portaient les gradins. Leurs dimensions donnent une idée de la foule entassée au-dessus.
- La maçonnerie : les Romains employaient de grands blocs de pierre taillée pour les façades et du béton pour les voûtes. Repérez l’endroit où s’arrête la maçonnerie romaine et où commencent les murs médiévaux ou modernes.
- Le toit du Prétoire : montez jusqu’à la terrasse de la tour pour voir le tracé du cirque, la cathédrale et la Méditerranée.
- La salle médiévale : à l’étage supérieur de la tour, une salle est entièrement médiévale, de l’époque où le bâtiment était une résidence royale.
- Le sarcophage d’Hippolyte : un sarcophage romain en marbre du IIIe siècle illustrant le mythe d’Hippolyte et Phèdre, exposé dans une salle voûtée du Prétoire. On le considère comme le plus beau sarcophage païen trouvé à Tarragone.
- Des voûtes au quotidien : dans les rues voisines, jetez un œil dans les cafés et restaurants. Plusieurs d’entre eux, une discothèque et une agence bancaire occupent d’anciennes voûtes du cirque.
La prison surnommée Pilats
Pendant environ un siècle, le Prétoire fut la prison provinciale, que les habitants appelaient simplement Pilats. Pendant et après la guerre civile espagnole, elle fut terriblement surpeuplée : en 1939, elle compta jusqu’à 1 361 détenus à la fois, et entre 1939 et 1945 plus de 650 condamnés à mort en sortirent pour être exécutés au Turó de l’Oliva. Elle cessa d’être une prison en 1953, à l’ouverture d’un nouvel établissement, puis rejoignit les musées de la ville.
Conseils pour votre visite
- Venez tôt dans la journée : les voûtes restent fraîches et le toit du Prétoire est bien plus agréable avant le soleil de midi.
- Prenez un billet combiné si vous comptez voir d’autres sites romains : le cirque, l’amphithéâtre et d’autres sites du MHT se visitent avec un même pass.
- Faites attention où vous mettez les pieds : le sol des voûtes est irrégulier par endroits et les escaliers de la tour sont raides.
- Associez la visite à une promenade sur la Rambla Vella, qui suit le tracé du cirque, puis descendez vers l’amphithéâtre au bord de la mer.
À proximité
- Amphithéâtre de Tarragone : l’arène romaine au bord de la mer, à quelques minutes en descendant, où se tenaient les combats de gladiateurs et où furent exécutés des martyrs chrétiens.
- Cathédrale de Tarragone : la cathédrale romane et gothique au sommet de la vieille ville, bâtie à l’emplacement de l’enceinte sacrée de l’ensemble romain.
- Balcó del Mediterrani : le belvédère au bout de la Rambla Nova, côté mer, avec vue sur l’amphithéâtre et la côte.
- Monument als Castellers : la tour humaine en bronze de la Rambla Nova, hommage à la tradition catalane des tours humaines.
Découvrir Tarragone avec World City Trail
Notre chasse au trésor à Tarragone transforme la vieille ville en un jeu sur votre téléphone. Le parcours relie 10 étapes et dure environ 2 heures, dont environ 32 minutes de marche. Le cirque romain n’est pas l’une des étapes, mais le parcours passe par le Monument als Castellers et le Mercat Central. Vous pouvez jouer en français, anglais, allemand, italien, espagnol ou néerlandais.
Si vous préférez un autre format, il existe aussi une visite à pied en autonomie et un escape game en plein air à Tarragone.
Jouer à la chasse au trésor de Tarragone →
Faire la visite à pied en autonomie de Tarragone →
Jouer à l’escape game en plein air à Tarragone →
Faits vérifiés en octobre 2026.
